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Forfait mobilités durables et vélo : comment faire payer votre employeur pour venir au bureau à vélo ?
Par Millie en Ville · Conseils du quotidien · 7 min de lecture
Vous êtes vélotafeuse, ou vous envisagez de le devenir, et vous ignorez peut-être qu’un dispositif légal vous permet de vous faire rembourser une partie de vos frais de déplacement à vélo par votre employeur, totalement exonéré d’impôt. Ce dispositif s’appelle le forfait mobilités durables (FMD) et, pourtant, des milliers de personnes salariées et cyclistes passent à côté chaque année.
On vous explique tout, de A à Z.
Qu’est-ce que le forfait mobilités durables ?
Le forfait mobilités durables est une des mesures phares de la loi d’orientation des mobilités (LOM) du 24 décembre 2019. Il s’agit d’un dispositif qui permet la prise en charge, totale ou partielle, par l’employeur des frais de déplacement de ses salariés entre leur domicile et leur lieu de travail, à condition qu’ils choisissent une solution de mobilité douce.
En clair : si vous venez au bureau à vélo, que ce soit un vélo classique, un vélo électrique (VAE) ou même un vélo en libre-service, votre employeur peut vous verser une aide financière pour couvrir vos frais. L’indemnité accordée au titre du forfait mobilités durables est totalement défiscalisée pour la salariée et exonérée de cotisations sociales pour l’employeur. Tout le monde y gagne.
Quel montant peut-on obtenir en 2025 ?
Les plafonds ont été revalorisés au 1er janvier 2025. Le forfait mobilités durables est exonéré d’impôt sur le revenu dans la limite de 600 € par an et par salariée, dans le cas général.
Il est cumulable avec le remboursement d’une partie de l’abonnement transports en commun, à condition que la somme des deux ne dépasse pas 900 € par an en 2025.
Autrement dit : si vous combinez votre abonnement de transport en commun avec le forfait mobilités durables vélo, vous pouvez bénéficier jusqu’à 900 € d’aide annuelle exonérée. Pour une vélotafeuse qui pratique le trajet domicile-bureau à vélo plusieurs fois par semaine, c’est un complément de revenu net non négligeable.
Dans le secteur privé, le montant versé par l’employeur est libre, il n’y a pas de montant minimum légal. Son montant et ses critères d’attribution peuvent être définis par accord d’entreprise, accord inter-entreprises ou accord de branche. Chaque entreprise fixe donc ses propres règles dans la limite des plafonds d’exonération.
Mon employeur est-il obligé de me verser ce forfait ?
Le forfait mobilité durable est facultatif dans le secteur privé. L’employeur est libre de le mettre en place ou non. Ce n’est pas une obligation légale pour les entreprises privées, contrairement au remboursement de 50 % de l’abonnement de transport en commun, qui lui est obligatoire.
Cela dit, la loi LOM oblige les entreprises de plus de 50 salariés à traiter le sujet des mobilités dans le cadre des négociations annuelles obligatoires. Si votre entreprise emploie plus de 50 personnes et n’a jamais abordé le sujet en NAO, c’est une ouverture pour en faire la demande.
Pour les agentes de la fonction publique, les agents publics bénéficient d’un forfait de 100 € à 300 € par an selon le nombre de déplacements.
Quels justificatifs fournir ?
C’est souvent là que les vélotafeuses bloquent. Bonne nouvelle : la salariée n’a plus à justifier un nombre précis de kilomètres parcourus. Elle doit fournir à son employeur une attestation sur l’honneur ou des justificatifs de paiement permettant d’attester l’usage d’un mode de transport éligible.
Concrètement, selon les entreprises, on vous demandera :
- Une attestation sur l’honneur indiquant que vous venez au bureau à vélo
- Une facture d’achat ou d’entretien de votre vélo
- Des justificatifs de location si vous utilisez un service de vélo en libre-service
- Parfois un relevé kilométrique sur une période donnée
Si l’employeur ne prend pas en charge l’intégralité des frais de déplacement à vélo, la salariée peut déduire les frais restants de ses impôts sur le revenu, dans la limite de 200 € par an.
Comment faire la demande concrètement ?
Voici le guide pas à pas pour une vélotafeuse qui veut actionner ce levier.
Étape 1 — Vérifier si votre entreprise a déjà un accord FMD. Renseignez-vous auprès de votre service RH ou de votre référent mobilité. Consultez aussi votre convention collective, de nombreuses branches ont négocié des montants spécifiques.
Étape 2 — Si aucun accord n’existe, demandez formellement. Rédigez un email à votre RH en citant la loi LOM et le dispositif FMD. Mentionnez les avantages pour l’employeur : exonération de charges sociales, image RSE, fidélisation des talents. Les arguments économiques sont souvent les plus efficaces.
Étape 3 — Préparez vos justificatifs. Rédigez une attestation sur l’honneur précisant vos jours de déplacement à vélo. Joignez votre facture d’achat ou d’entretien vélo. Si vous utilisez un VAE, conservez les factures de recharge ou de maintenance.
Étape 4 — Vérifiez les délais. Si vous avez plusieurs employeurs, chaque employeur verse une part proportionnelle à votre temps de travail, à partir de justificatifs à transmettre avant le 31 décembre de l’année concernée.
Le FMD est-il compatible avec le télétravail ?
Oui, et c’est une question que beaucoup de vélotafeuses en mode hybride se posent. Le forfait s’applique aux jours effectivement travaillés au bureau. Si vous venez trois jours par semaine et télétravaillez deux jours, vous pouvez tout à fait bénéficier du FMD pour vos jours de présentiel. L’attestation sur l’honneur peut mentionner votre organisation habituelle.
VAE ou vélo classique : les deux sont éligibles
Que vous rouliez sur un vélo de ville classique, un vélo à assistance électrique (VAE) ou un vélo en libre-service, vous entrez dans le champ du dispositif. Le forfait mobilités durables permet de prendre en charge toute ou partie des frais liés à l’achat, la location ou l’entretien d’un vélo.
Pour les cyclistes urbaines qui ont investi dans un VAE pour leurs trajets quotidiens, souvent plus de 1 500 € à l’achat, le FMD représente un retour sur investissement concret dès la première année.
Et la tenue pour arriver présentable au bureau ?
C’est souvent le dernier frein pour les femmes qui voudraient se lancer dans le vélotaf : arriver élégante après avoir pédalé. Le forfait mobilités durables règle la question financière, mais c’est la tenue qui règle la question pratique.
C’est exactement pour ça que nous avons créé la jupe Windy chez Millie en Ville : une jupe conçue spécifiquement pour les vélotafeuses. Son système de boutons-pression permet de la transformer en short en trois secondes pour pédaler librement, puis de reprendre sa coupe élégante à l’arrivée au bureau. Tissu respirant, fabriquée à Paris, certifiée Oeko-Tex. Parce qu’aller au bureau à vélo ne devrait jamais être un compromis.
En résumé : ce qu’il faut retenir
Le forfait mobilités durables est une opportunité concrète pour toutes les vélotafeuses, et pourtant l’une des aides les moins connues en France. Les points essentiels à retenir :
- Jusqu’à 600 € par an exonérés d’impôt en cas général
- Jusqu’à 900 € par an en cumul avec un abonnement de transport en commun
- Valable pour le vélo classique, le VAE et le vélo en libre-service
- Facultatif dans le secteur privé – mais demandable formellement à votre RH
- Justificatif simplifié : attestation sur l’honneur dans la plupart des cas
- Déductible de vos impôts à hauteur de 200 € si l’employeur ne verse pas le FMD
Sources : Service-Public.fr, Ministère de la Transition écologique, Toutsurmesfinances.com, Bicytrust.fr, 1kmapied.com, Azfalte.com, Velib-Pro.fr



