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10 femmes cyclistes qui ont changé l’histoire
On parle souvent du vélo comme d’un outil de liberté. Mais derrière cette liberté, il y a des femmes qui l’ont conquise de haute lutte, pédalant contre le vent, contre les conventions, contre une société qui leur disait que la bicyclette n’était pas faite pour elles.
Chez Millie en Ville, le vélo est au cœur de notre ADN. Et notre nom même est un hommage : Millie en Ville s’inspire de Millie Robinson, cette cycliste britannique méconnue qui a remporté en 1955 le tout premier Tour de France féminin de l’histoire. Une pionnière discrète, une championne oubliée, et pourtant l’une des femmes les plus audacieuses de son époque.
Aujourd’hui, on lui rend hommage, ainsi qu’à neuf autres femmes extraordinaires qui, par leur audace, ont écrit l’histoire du cyclisme féminin et, bien au-delà, celle de l’émancipation des femmes.
1. Millie Robinson : La première à remporter le Tour de France Féminin (1924-1994)
Celle qui a inspiré notre nom.
Née en 1924 dans le Comté de Mayo en Irlande, Mildred Jessie Robinson, surnommée Millie, commence le vélo à 25 ans seulement, après avoir servi dans l’armée britannique pendant la Seconde Guerre mondiale.
En 1955, le journaliste Jean Leulliot organise le tout premier Tour de France féminin : cinq étapes, 373 kilomètres en Normandie, 41 participantes venues d’Europe entière. Millie attaque seule lors de la quatrième étape et s’empare du maillot blanc, la couleur choisie pour les femmes, pour éviter la confusion avec le jaune des hommes. Elle remporte l’épreuve avec autorité, puis s’adjuge la même année le tout premier championnat national du contre-la-montre sur 25 miles. En 1958, elle décroche également le record du monde de l’heure sur piste, à 39,718 km.
La course ne sera pas reconduite. Millie tombera dans l’oubli. Mais son nom résonne encore, et c’est pour ça qu’on le porte.
2. Susan B. Anthony : L’activiste qui a tout compris (1820-1906)
Avant même d’enfourcher un vélo, Susan B. Anthony combattait pour le droit de vote des femmes aux États-Unis. En 1896, elle déclare une phrase restée célèbre : « Le vélo a fait plus pour l’émancipation des femmes que n’importe quelle autre invention. »
Elle avait raison. La bicyclette donnait aux femmes la mobilité, l’indépendance et, pour la première fois, la liberté d’aller où elles voulaient, sans chaperon. Un acte révolutionnaire à l’époque.
3. Annie Londonderry : La première à faire le tour du monde à vélo (1870-1947)
En 1894, Annie Cohen Kopchovsky relève un défi fou : faire le tour du monde à vélo pour prouver que les femmes sont aussi capables et courageuses que les hommes. Elle part de Boston le 25 juin 1894, avec peu d’argent, quelques vêtements de rechange et un revolver.
Quinze mois et environ 15 000 kilomètres plus tard, elle arrive à New York. Elle a traversé Le Havre, Alexandrie, Singapour et Shanghaï. Blessée à plusieurs reprises et tentée d’abandonner plus d’une fois, elle arrive avec deux semaines d’avance sur son objectif. À une époque où les femmes n’avaient pas encore le droit de vote, cet exploit fit l’effet d’une bombe.
4. Hélène Dutrieu : L’« hirondelle humaine » (1877-1961)
Belge, déterminée, et sans peur : Hélène Dutrieu se lance dans le cyclisme dès 14 ans et pulvérise en 1895 le record de l’heure féminine sur piste à Tournai. Deux ans plus tard, en 1897, elle remporte le Championnat du monde de vitesse à Ostende.
Mais Hélène ne s’arrête pas là. Elle deviendra ensuite cascadeuse, puis aviatrice, l’une des premières femmes pilotes au monde. Une pionnière absolue, sur deux roues comme dans les airs.
5. Tillie Anderson « The Terrible Swede » (1875-1965)
Née en Suède, Tillie Anderson émigre aux États-Unis et économise pendant des années pour s’acheter son premier vélo. Durant sa carrière, cette fervente militante de la pratique du vélo sort victorieuse de 123 courses sur les 130 qu’elle dispute. À 20 ans, elle est élue meilleure cycliste du monde par la League of American Wheelmen. Trente-cinq ans après son décès, elle entre au United States Bicycling Hall of Fame.
6. Alfonsina Strada : La seule femme du Giro (1891-1959)
L’histoire d’Alfonsina Strada est l’une des plus folles du cyclisme. Enfant, elle prétend aller à la messe pour courir à vélo et revient triomphante, un cochon sous le bras comme trophée. En 1924, elle s’inscrit au Giro d’Italia sous un nom masculin pour passer inaperçue.
Découverte, elle est disqualifiée du classement. Mais les organisateurs, conscients de l’engouement du public, la laissent continuer hors classement. Elle boucle les 3 610 kilomètres de la course. À ce jour, Alfonsina Strada reste la seule femme à avoir participé à l’un des trois Grands Tours masculins.
7. Beryl Burton : La championne aux 100 titres (1937-1996)
Pendant près de 30 ans, Beryl Burton domine le cyclisme britannique de façon quasi absolue. Parmi ses succès figurent 7 titres mondiaux sur route et sur piste, plus de 90 championnats nationaux. Son exploit le plus marquant reste le record du monde du contre-la-montre de 12 heures : elle parcourt 446 kilomètres, dépassant même plusieurs concurrents masculins. Ce record reste invaincu pendant deux ans.
Beryl pédalait pour le plaisir, travaillait dans une ferme le reste du temps, et changeait l’histoire sans s’en rendre compte.
8. Jeannie Longo : La légende française (née en 1950)
Figure emblématique du cyclisme féminin français, Jeannie Longo a gagné pas moins de 59 championnats de France et 13 championnats du monde. Elle s’est aussi imposée à trois reprises sur le Tour de France féminin. Son titre olympique à Atlanta en 1996 restera l’un des moments les plus marquants du cyclisme français.
Sa longévité est stupéfiante : elle s’est imposée en compétition de ses 20 ans jusqu’à ses 60 ans passés.
9. Marianne Vos : La cycliste la plus complète de tous les temps (née en 1987)
Championne olympique, championne du monde sur route, sur piste, en cyclo-cross… Marianne Vos a tout gagné, sur tous les terrains. La Néerlandaise est considérée par beaucoup comme la plus grande cycliste de l’histoire, tout simplement.
Elle a aussi contribué à faire évoluer les mentalités : sa visibilité médiatique et ses victoires répétées ont largement contribué à l’essor des compétitions féminines en Europe, jusqu’au retour du Tour de France Femmes en 2022.
10. Demi Vollering : La nouvelle génération (née en 1996)
Vainqueure du Tour de France Femmes 2023, Demi Vollering incarne la nouvelle génération du cyclisme féminin : médiatisée, ambitieuse, portée par des compétitions de plus en plus nombreuses et reconnues.
Elle est la preuve que le travail de toutes celles qui l’ont précédée, de Millie Robinson à Jeannie Longo, n’a pas été vain. Le chemin parcouru depuis Annie Londonderry et son vélo monovitesse est immense.
Celles qui changent le monde aujourd’hui
Si toutes les femmes citées dans cet article appartiennent à l’histoire, d’autres écrivent celle d’aujourd’hui au péril de leur vie. En août 2021, les talibans reprennent le contrôle de Kaboul. En quelques jours, les espoirs d’émancipation d’une génération entière s’effondrent. Parmi les cibles directes du nouveau régime : l’équipe nationale féminine de cyclisme, créée en 2010, dont les membres risquent la prison, les coups voire la mort pour avoir osé pédaler. Dans une société régie par la loi coranique, le vélo est désormais interdit aux femmes. Le pratiquer est un péché. Un déshonneur. Mais une chaîne de solidarité internationale se met en marche. Un philanthrope passionné de cyclisme, aidé par l’Union Mondiale du Cyclisme, la FIFA, des ONG et des dizaines de femmes et d’hommes engagés à travers l’Europe, l’Amérique du Nord et le Moyen-Orient, orchestre en secret une opération d’exfiltration digne d’un film d’espionnage. Des vélos cachés, 41 passeports afghans transportés clandestinement, une frontière tadjike fermée, des talibans qui interrogent les membres du groupe… Contre toute attente, plus de 125 personnes parviennent à fuir, en passant par le Tadjikistan et l’Albanie.
Ces cyclistes afghanes, baptisées les Échappées de Kaboul, vivent aujourd’hui principalement en Suisse. Elles poursuivent leurs études, leur formation, leur vie. Mais leurs familles restées à Kaboul vivent cachées, dans la peur. Certaines soeurs ont brûlé leurs maillots et leurs diplômes de cyclisme pour ne pas être découvertes. Ces femmes incarnent, mieux que quiconque, ce que le vélo peut représenter : non pas un sport, mais un acte de résistance. Une façon d’occuper l’espace public, de dire j’existe, de refuser qu’on décide à sa place de ce à quoi son corps a droit. D’Annie Londonderry à Millie Robinson, de Beryl Burton aux Échappées de Kaboul : la même histoire, à un siècle de distance. Celle de femmes qui pédalent pour être libres. Ce que le vélo a changé pour les femmes. Ces dix femmes n’ont pas seulement fait du sport. Elles ont utilisé la bicyclette comme un acte politique, un symbole de liberté, une façon de dire au monde qu’elles existaient dans l’espace public.
Ce que le vélo a changé pour les femmes
Ces femmes n’ont pas seulement fait du sport. Elles ont utilisé la bicyclette comme un acte politique, un symbole de liberté, une façon de dire au monde qu’elles existaient dans l’espace public.
Au XIXe siècle, le simple fait de pédaler en jupe, ou de troquer la jupe contre un pantalon pour mieux pédaler, était un acte subversif. Aujourd’hui, des milliers de vélotafeuses enfourchent leur vélo chaque matin pour aller au bureau.
Ce mouvement a une histoire. Ces femmes en font partie. Et Millie Robinson, notre inspiration en est la preuve.
Chez Millie en Ville, on croit que chaque trajet à vélo est un petit geste féministe. La jupe Windy est née de cette conviction : pourquoi faudrait-il choisir entre l’élégance et la liberté de mouvement ?



